La résurgence de la Citroën GS : une icône intemporelle en 2026
Longtemps restée dans l’ombre de la majestueuse DS et de la populaire 2CV, la voiture GS vit aujourd’hui une véritable renaissance. En 2026, ce modèle emblématique de l’automobile française ne se contente plus d’être une simple curiosité pour nostalgiques ; elle s’affirme comme un choix de prédilection pour les collectionneurs avertis et les amateurs de mécanique ingénieuse. Lancée en 1970 pour combler le vide immense entre l’Ami 8 et la DS, elle a su démocratiser des solutions techniques de haute volée, offrant au grand public un confort jusqu’alors réservé aux élites. Ce véhicule incarne une époque où l’audace primait sur le consensus, une philosophie qui résonne particulièrement fort aujourd’hui face à l’uniformisation du parc automobile moderne.
Élue Voiture Européenne de l’Année en 1971, la GS a marqué son temps par un design innovant signé Robert Opron. Sa silhouette aérodynamique, pensée pour fendre l’air avec un minimum de résistance, n’était pas qu’un exercice de style, mais une recherche d’efficience avant l’heure. Cette approche visionnaire permet de redécouvrir aujourd’hui une auto étonnamment moderne dans son comportement routier, capable de s’insérer dans le trafic actuel sans rougir de ses performances.

Une ingénierie révolutionnaire sous le capot
Ce qui distingue véritablement la Citroën GS, c’est son cœur mécanique et sa liaison au sol. Contrairement à la tendance de l’époque, Citroën a opté pour un moteur quatre cylindres à plat (Flat-4) refroidi par air. Cette architecture, bien que complexe à mettre au point, offrait un centre de gravité bas et une sonorité caractéristique qui participe aujourd’hui au charme de la conduite. La performance de ce bloc, bien que modeste sur le papier avec les cylindrées initiales de 1015 cm³, se révélait par une volonté inébranlable dans les tours, permettant à la berline de tenir des vitesses de croisière élevées sur autoroute.
Cependant, la véritable magie opère grâce à la suspension hydropneumatique. Héritée de la DS, cette technologie embarquée confère à la GS ce fameux effet « tapis volant ». En 2025, alors que l’industrie parle de suspension pilotée par caméra, il est fascinant de constater que ce système purement hydraulique offrait déjà une assiette constante et une absorption des irrégularités inégalée. Pour les passionnés qui souhaitent comprendre l’essor des voitures d’occasion anciennes, la maîtrise de ce système hydraulique reste le rite de passage obligatoire, garantissant une tenue de route souveraine et une sécurité active surprenante pour une voiture de cet âge.
L’évolution vers la GSA et l’audace du moteur rotatif
L’histoire de la GS ne s’arrête pas à son lancement. Face à l’évolution des besoins, Citroën a transformé son modèle phare en GSA à la fin des années 70. L’ajout d’un hayon arrière a considérablement amélioré la praticité, répondant enfin aux critiques sur l’accessibilité du coffre de la berline originale. L’intérieur a également subi une mutation futuriste avec l’apparition des fameux satellites de commande et d’un tableau de bord aux compteurs « pèse-personne », témoignant d’une ergonomie expérimentale typique de la marque aux chevrons. Ces modèles, souvent dotés de pare-chocs en plastique et de finitions plus modernes, surfent aujourd’hui sur la vague de la nostalgie des voitures anciennes et des années 80.
Impossible d’évoquer la histoire GS sans mentionner la parenthèse fascinante et tragique de la Birotor. Équipée d’un moteur à pistons rotatifs Wankel, fruit d’une collaboration avec NSU, la GS Birotor (ou GZ) promettait une puissance de 107 chevaux et une douceur de fonctionnement exceptionnelle. Malheureusement, lancée en pleine crise pétrolière et souffrant d’une consommation gargantuesque, elle fut un échec commercial cuisant. Citroën tenta même de racheter les exemplaires vendus pour les détruire, ce qui en fait aujourd’hui un véritable voiture modèle rare et extrêmement prisé. Comprendre la complexité de ce moteur nécessite souvent de se plonger dans l’histoire des voitures NSU, pionnières en la matière.
Tableau comparatif des motorisations emblématiques de la gamme GS/GSA
| Modèle 🚗 | Type Moteur ⚙️ | Cylindrée (cm³) | Puissance (ch DIN) | Spécificité technique 🔧 |
|---|---|---|---|---|
| GS 1015 | 4 cylindres à plat | 1 015 | 55,5 | Le moteur des débuts, nerveux mais pointu |
| GS 1220 | 4 cylindres à plat | 1 222 | 60 | Le compromis idéal, couple amélioré |
| GS Birotor | Birotor Wankel | 995 (équivalent 1990) | 107 | Silence de fonctionnement, rareté absolue |
| GSA X3 | 4 cylindres à plat | 1 299 | 65 | Boîte 5 vitesses courte, esprit sportif |
Maintenir et vivre avec une GS en 2025
Posséder une Citroën GS aujourd’hui est un acte militant, une forme d’écologie appliquée où l’on préserve le patrimoine industriel plutôt que de consommer du neuf. Loin de la conduite autonome aseptisée, prendre le volant d’une GS réclame de l’attention et offre en retour des sensations mécaniques pures. La disponibilité des pièces s’est améliorée grâce à une communauté active et à des refabrications de qualité, notamment pour les sphères de suspension et les éléments d’échappement, souvent sujets à la corrosion.
L’entretien courant demande cependant une certaine rigueur. Le circuit hydraulique, vital pour la suspension et le freinage, doit être vidangé régulièrement avec du LHM (Liquide Hydraulique Minéral) propre pour éviter les fuites et le grippage des correcteurs de hauteur. De plus, la courroie de distribution (une des premières sur une voiture de grande série) exige un remplacement périodique strict. Pour les futurs acquéreurs, il est crucial de se renseigner sur la fiscalité et l’impôt sur les voitures de collection en France, car le statut de véhicule de collection offre des avantages non négligeables pour la préservation de ce patrimoine.
Voici les points essentiels à vérifier avant l’achat d’une GS ou GSA :
- 🕵️♂️ Corrosion des soubassements : Vérifiez impérativement les brancards arrière et les fonds de coffre.
- 🟢 Circuit hydraulique : Assurez-vous de l’absence de fuites et de la souplesse de la suspension (pas de sautillements).
- ⚙️ Moteur : Contrôlez les fuites d’huile, fréquentes au niveau des joints de tubes enveloppes et du radiateur d’huile.
- 🎨 Intérieur : Les tissus des années 70 sont fragiles, une sellerie en bon état est un atout majeur.
- 💨 Échappement : La ligne est complexe et sujette à la rouille, vérifiez son intégrité.
La GS face au marché des youngtimers
Si la cote de la Citroën GS a longtemps stagné, elle connaît depuis quelques années une ascension régulière. Les amateurs redécouvrent les qualités routières de cette berline qui n’a rien à envier aux productions plus récentes en termes de confort. Elle représente une alternative accessible et techniquement fascinante face à des modèles plus spéculatifs. C’est une voiture qui se vit, qui s’utilise le week-end pour des balades en famille ou des rassemblements, et qui suscite immanquablement la sympathie sur son passage. Sa complexité mécanique, autrefois effrayante, est désormais vue comme un défi noble par les mécaniciens passionnés qui voient en elle l’apogée de l’ingénierie Citroën accessible.
Quelle est la différence majeure entre une GS et une GSA ?
La principale différence réside dans la carrosserie : la GS est une berline classique à coffre, tandis que la GSA, lancée en 1979, adopte un hayon arrière beaucoup plus pratique. La GSA possède également un intérieur redessiné avec des satellites de commande et des pare-chocs en plastique.
La suspension hydropneumatique est-elle fiable ?
Oui, le système est très robuste s’il est entretenu correctement. L’utilisation exclusive de liquide LHM vert et le remplacement régulier des sphères assurent une longévité exceptionnelle. Les pannes sont souvent dues à une négligence prolongée plutôt qu’à une faiblesse de conception.
Peut-on rouler au quotidien avec une Citroën GS en 2026 ?
Absolument. Grâce à son confort moderne et son freinage performant (4 disques), la GS s’insère bien dans la circulation. Cependant, sa consommation de carburant est supérieure aux standards actuels et elle demande un temps de chauffe respectueux. C’est une excellente voiture de loisir ou de ‘daily’ pour petits trajets.
Pourquoi la GS Birotor est-elle si recherchée ?
La Birotor est extrêmement rare car produite à seulement 847 exemplaires entre 1973 et 1975. Son moteur rotatif Wankel offre une expérience de conduite unique, sans vibrations. La rareté des pièces et l’histoire de sa destruction quasi-totale par Citroën en font le Saint Graal des collectionneurs de la marque.
Théo adore expliquer simplement des choses compliquées. Quand il ne retape pas une Golf GTI, il écrit pour transmettre ses astuces avec clarté. Il aime faire comprendre le « pourquoi du comment », sans jargon, avec passion et précision.

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