Lancée en 1969, l’Autobianchi A112 s’est imposée comme une citadine culte, plus attachante et bien plus facile à vivre que la Mini anglaise. Rapidement déclinée en version Abarth, elle a su donner la réplique à la Cooper avec un caractère bien trempé et des performances inattendues pour une si petite voiture. Retour sur cette sportive qui n’a pas fini de faire parler d’elle.
Un moteur qui a marqué l’histoire des mini-sportives
Chez Autobianchi, les A112 Abarth se succèdent à un rythme accéléré, et la version 70 HP ne déroge pas à la règle. Le constructeur pousse la mécanique plus loin que jamais avec une cylindrée de 1 050 cm³ obtenue grâce à un alésage porté à 67,2 mm, un arbre à cames redessiné, des bielles renforcées et une culasse entièrement retravaillée. Ce petit moteur Fiat possède déjà une longue carrière derrière lui, mais on se demande quand il aura fini de nous étonner.
Avec un carburateur double corps et un taux de compression élevé de 10, la puissance grimpe à 70 ch DIN à 6 600 tr/min, plaçant cette Autobianchi en tête de toutes les mini-voitures en matière de rendement. Encore plus fort, la version 58 HP reste toujours au programme des fabrications, preuve que la gamme sait séduire un public varié.
Cette préparation poussée fait de l’Abarth une voiture qui monte en régime de façon spectaculaire, atteignant sa vitesse de pointe très rapidement. Une nervosité qui saute aux yeux dès les premiers tours de roue et qui explique en grande partie la réputation de cette citadine hors norme.
Au volant : la nervosité comme signature
Conduire la nouvelle Abarth est un vrai régal pour l’amateur de sensations fortes. La maniabilité sur les petites routes accidentées semble sans limite, et plus la route devient sinueuse, plus la voiture prend vie. L’essai mené à Montlhéry a révélé une vitesse de pointe de 154 km/h mesurés, alors que le constructeur annonce 160 km/h. Un écart somme toute marginal qui n’altère en rien le plaisir de conduite.
Les vitesses intermédiaires offrent d’excellents résultats, que ce soit sur route ou en ville, où la voiture bondit aux feux verts et se faufile avec une aisance déconcertante. Le freinage est très largement à la hauteur grâce à une assistance efficiente, avec des distances d’arrêt courtes et une perte d’efficacité minime à chaud.
Les qualités qui font mouche
Cette A112 Abarth 70 HP brille par plusieurs aspects qu’il serait dommage de passer sous silence.
- 🏁 Nervosité spectaculaire : le moteur monte en régime très vite, rendant la conduite exaltante.
- 🎯 Maniabilité remarquable : le châssis inspire confiance et avale les courbes avec une précision étonnante.
- 🛑 Freinage efficace : assistance performante et distances d’arrêt courtes, même après utilisation intensive.
Les compromis d’une sportive exigeante
N’oublions pas que cette petite sportive est née dans les années 1970, avec les choix techniques que cela implique. Les pneus de série en 135 sont un peu trop étroits pour exploiter pleinement le potentiel de la voiture, et l’option 155 série 70 n’était pas encore disponible au moment du test. La suspension ferme génère des réactions assez sèches, un choix assumé pour privilégier la tenue de route au confort.
À l’intérieur, l’habitabilité reste mesurée, ce qui est compréhensible vu les dimensions extérieures contenues. Les sièges, garnis d’un très beau velours côtelé assorti à la carrosserie, sont plus enveloppants et donnent une ambiance unique, renforcée par trois petits cadrans au centre au tableau de bord : voltmètre, manomètre et thermomètre d’huile.
Consommation raisonnable et vie quotidienne
Malgré son caractère sportif, l’Abarth 70 HP se montre pragmatique. Grâce à la souplesse du moteur qui limite les changements de vitesse, au pont plus long et au double corps, la consommation reste particulièrement économique en usage normal. La voiture se révèle aussi à l’aise en ville qu’à haute vitesse sur autoroute, à condition de viser les régions où les limitations sont clémentes.
Pour la joie de conduire, cette Autobianchi est tout simplement imbattable dans la catégorie des petites sportives. Elle préfigure déjà la déferlante des GTI qui marquera la décennie suivante, avec une recette simple : un moteur préparé, un châssis affûté, et un prix accessible.
Le parallèle avec la Fiat 500 Abarth saute aux yeux aujourd’hui. Cette digne héritière reprend le flambeau sur le marché de l'occasion, même si les normes environnementales et sécuritaires, toujours plus pesantes, ont fini par tuer la catégorie des mini-sportives en Europe.
En 2026, l’Autobianchi A112 Abarth 70 HP demeure une valeur sûre du marché youngtimer. Les amateurs recherchent cette bouille attachante et ce moteur d’exception, tout en sachant pertinemment que quelques compromis font partie du charme. Une chose est sûre : elle continue de susciter les passions et de démontrer qu’une petite voiture peut offrir un immense plaisir de conduite.

À 34 ans, ancien journaliste spécialisé dans l’automobile, je me suis réorienté en tant que chroniqueur indépendant, partageant analyses et opinions avec passion et rigueur.