Le 25 août 2026, Frédéric Beigbeder a choisi son camp. Interrogé par Le Parisien à l’occasion du lancement de sa future émission sur RTL, le romancier de 60 ans a pris la défense d’Émilie Tran Nguyen, évincée de France 5 après une garde à vue pour usage de stupéfiants. « On ne sait pas ce qui s’est passé, il n’y a pas eu de jugement, donc je trouve que c’est très sévère. J’exprime ma solidarité avec cette jeune femme », a-t-il lancé, sans détour. Une sortie qui relance le débat sur la gestion de cette affaire par le service public.
Frédéric Beigbeder solidaire d’Émilie Tran Nguyen après son éviction de France 5
L’écrivain n’en est pas à son premier fait divers. En février 2008, il avait lui-même été interpellé en flagrant délit de consommation de cocaïne sur le capot d’une voiture à Paris. Une expérience qui l’incite à relativiser la sanction tombée sur l’animatrice de C à vous. « À l’époque où j’avais fait une garde à vue pour la même raison, on m’avait gardé partout », rappelle-t-il avec une pointe d’ironie.
« De mon temps, c’était considéré comme un problème de vie privée et, surtout, on attendait une décision de la justice avant de canceller les gens », ajoute-t-il. Une pique à peine voilée contre la précipitation des employeurs d’Émilie Tran Nguyen. Pour Beigbeder, la sanction est d’autant plus injuste que la justice n’a pas encore tranché.
Une garde à vue qui change tout pour la présentatrice de C à vous
Les faits remontent à la mi-juin. Émilie Tran Nguyen est placée en garde à vue pour « usage de produits stupéfiants », interpellée en flagrant délit d’achat par un policier en civil. Dans la foulée, la journaliste de 41 ans reçoit une convocation en vue de la notification d’une ordonnance pénale, une procédure simplifiée réservée aux affaires de « faible gravité ». Rien qui ne justifie, juridiquement, une exécution médiatique immédiate.
Mais l’information fuite. Le 18 juillet, le journaliste Clément Garin révèle l’affaire sur son compte X, affirmant que les employeurs d’Émilie Tran Nguyen, informés, l’ont « virée sine die ». Quelques jours plus tôt, Le Parisien évoquait pourtant un simple « contexte d’économies » pour expliquer la non-reconduction de ses deux émissions, En société et C à vous. Le ton est donné.
- 🗓️ Mi-juin : garde à vue d’Émilie Tran Nguyen pour usage de stupéfiants
- 📰 Début juillet : Le Parisien annonce son départ pour raisons économiques
- ⚡ 18 juillet : Clément Garin révèle le motif réel de l’éviction
- 🎙️ 25 août : Frédéric Beigbeder exprime sa solidarité dans Le Parisien
- ⚖️ À venir : notification de l’ordonnance pénale, aucune décision judiciaire rendue
Christophe Hondelatte s’en prend à Clément Garin, accusé de « lâcheté »
Frédéric Beigbeder n’est pas seul à monter au créneau. Christophe Hondelatte, ancien présentateur de Faites entrer l’accusé, a visiblement mal digéré l’article de Clément Garin, publié sur Substack sous le titre explicite « Émilie Tran Nguyen placée en garde à vue après une transaction de cocaïne dans Paris ». Sur X, l’ex-star de France Télévisions a dégainé : « Il faut être une sacrée raclure pour diffuser ce genre d’info avec la petite érection de “l’exclusivité” ».
Hondelatte est allé plus loin en interpellant directement le journaliste : « Tu voudrais qu’on révèle des pans de ta vie privée ? Ta maladie psy ? Les médocs que tu prends ? » Une charge violente, qui a déclenché une réponse tout aussi cinglante. Clément Garin a rétorqué qu’il n’avait « aucune leçon de déontologie à recevoir d’un homme qui s’est fait virer de partout car il hurlait sur ses équipes, car il les insultait, car il était sexiste et misogyne avec les femmes ». Des accusations que Christophe Hondelatte balaie d’un revers de main, évoquant « de la pure et simple diffamation ».
De l’usage de stupéfiants à la cancelisation : une époque qui change
Ce qui frappe dans cette affaire, c’est la vitesse à laquelle la machine médiatique s’est emballée. Là où l’on attendait la justice, on a assisté à un déballage public. « Cela prouve que les temps ont changé », constate Beigbeder, lucide. La question n’est pas de minimiser les faits, mais de s’interroger sur la proportionnalité des sanctions.
Émilie Tran Nguyen paie-t-elle pour un simple écart de conduite, ou pour une erreur que l’époque ne pardonne plus ? L’écrivain, lui, a choisi son camp : celui de la présomption d’innocence. Une position qui pourrait bien faire école, alors que le casier judiciaire de la journaliste reste vierge et que cette ordonnance pénale n’a pas encore été notifiée.

À 34 ans, ancien journaliste spécialisé dans l’automobile, je me suis réorienté en tant que chroniqueur indépendant, partageant analyses et opinions avec passion et rigueur.