Dix ans de patience, des centaines d’heures de travail et une détermination sans faille. Henri Durand, ancien pâtissier-chocolatier à la retraite, vient d’achever la restauration complète de sa Simca 8 de 1938. 🚗 Une voiture qui n’est pas un simple objet de collection : c’est sa toute première voiture, celle avec laquelle il a vécu toutes ses premières expériences sur la route, à 20 ans.
Simca 8 de 1938 : une restauration d’exception signée Henri Durand
Quand Henri Durand ouvre les portes de son garage, difficile d’imaginer que cette Simca 8 affiche près de 88 ans au compteur. La carrosserie brille de mille feux, les chromes sont impeccables, l’intérieur semble tout droit sorti des ateliers de Nanterre. « Il y avait tout à refaire », se souvient le passionné. Un constat qui n’a pas effrayé ce collectionneur aguerri, bien décidé à redonner vie à son premier amour automobile.

La Simca 8, produite de 1937 à 1950, incarne un chapitre fascinant de l’histoire automobile française. Présentée au Salon de Paris d’octobre 1946 sous une forme quasi identique à celle d’avant-guerre, elle a marqué toute une génération. Ce modèle élégant et technique a su séduire les Français de l’époque, bien avant de devenir une icône pour les collectionneurs d’aujourd’hui.
- 10 ansde restaurationmoteur, carrosserie, habitacle refaits
- 1938millésime de la Simca 8quasi 88 ans et toujours éclatante
- 20 ansl'âge d'Henri à l'achatsa première voiture, un souvenir d'antan
- 40 ansau Tarn Retro Auto Clubune passion partagée sans relâche
Dix années de travail pour redonner vie à la Simca 8
La restauration n’a pas été une mince affaire. Il a fallu désosser entièrement la voiture, retirer la carrosserie, remplacer les pneus, reconstruire le moteur et refaire l’intégralité de l’habitacle. Chaque pièce a été passée au crible. « La moindre rondelle a été frottée », s’exclame Henri Durand avec une fierté non dissimulée.
Mais pourquoi dix ans pour une restauration complète ? La réponse tient en trois mots : les pièces introuvables. Le collectionneur a dû batailler pour dénicher certaines pièces devenues rarissimes sur le marché. Sa quête la plus mémorable ? De simples crochets de capot. « On ne trouve pas toujours tout du premier coup. Il y a des pièces qui sont devenues presque introuvables. Il faut s’armer de patience », explique-t-il.
La restauration Simca 8 : une madeleine de Proust mécanique
Pour Henri Durand, chaque restauration est un voyage dans le temps. Il y a quelque temps, il a restauré un modèle identique à celui que son père possédait quand il était petit. Ce qui l’a le plus étonné ? L’odeur. 👃 « Même 40 ans après, elle avait la même odeur », raconte-t-il, encore ému. Une madeleine de Proust mécanique qui a provoqué un moment inoubliable.
Le jour où il a présenté la voiture à son père, l’ancien pâtissier a vu une lueur dans ses yeux. « Il a voulu la conduire. Une fois derrière le volant, je me suis rendu compte qu’il s’en servait naturellement, comme s’il n’avait jamais arrêté ». Une scène touchante qui illustre parfaitement ce lien unique entre un homme et son automobile.
La passion des voitures anciennes au sein du Tarn Retro Auto Club
Sa collection ne se limite pas à cette Simca 8. Henri Durand ne compte plus les véhicules accumulés au fil des années. Cette passion dévorante remonte à l’enfance. « J’ai toujours aimé ça. Quand on est gosse, on s’émerveille vite devant une belle voiture », sourit-il.
Une passion qu'il partage depuis 40 ans au sein du Tarn Retro Auto Club (TRAC), un club qui rassemble tous les amoureux de la région. Ensemble, ils organisent chaque année la célèbre « Randonnée tarnaise », un événement qui prend une dimension particulière en 2026 avec sa labellisation pour la première fois par la Fédération Française des Véhicules d’Époque.
La Randonnée tarnaise : un rendez-vous incontournable pour les passionnés
Cette année, ils seront près de vingt participants à s’élancer pour un parcours inédit jusqu’à Salles, avant de rejoindre la place Sainte-Cécile pour l’exposition traditionnelle. Une occasion unique d’admirer la précieuse Simca 8 d’Henri Durand en tête de cortège. « On voulait trouver un moyen de rouler avec. Là on se déplace exprès pour ça, on est entre amis, on peut loucher sur les voitures des autres aussi », plaisante-t-il.
Cet événement, réservé aux voitures d’avant-guerre, représente bien plus qu’une simple balade. C’est un pèlerinage pour tous ceux qui chérissent le patrimoine automobile français. Le 23 août prochain, tous les regards seront tournés vers cette Simca 8 de 1938, rescapée du temps et ressuscitée par la patience d’un homme passionné.
L’héritage Simca : une légende française de l’automobile
La Simca 8 n’est pas qu’une voiture : c’est un symbole de la reconstruction française d’après-guerre. Entre 1937 et 1950, ce modèle a traversé les époques et les bouleversements, pour devenir aujourd’hui un objet de convoitise pour les collectionneurs du monde entier. Sa ligne élégante rappelle les grandes heures de l’industrie automobile hexagonale.
Pour les amateurs souhaitant se lancer dans l’aventure, voici quelques points essentiels à connaître avant d'entreprendre la restauration d’une Simca 8 :
- 🔧 La disponibilité des pièces : les pièces mécaniques de base restent trouvables, mais certaines pièces de carrosserie sont devenues extrêmement rares sur le marché
- ⏱️ Le temps de restauration : comptez en moyenne 3 à 10 ans selon l’état initial du véhicule et votre niveau d’exigence
- 💰 Le budget à prévoir : entre l’achat du véhicule et les pièces, la facture peut vite atteindre des sommets
- 👥 L’importance des clubs : rejoindre une association comme le TRAC permet de bénéficier de conseils précieux et d’un réseau de passionnés solide
- ❤️ La passion avant tout : sans amour du travail bien fait, une telle restauration ne peut pas aboutir
L’histoire d’Henri Durand prouve qu’avec de la patience et de la détermination, tout est possible. Sa Simca 8 roule à nouveau, prête à écrire de nouveaux souvenirs sur les routes du Tarn. Pour ce passionné, la boucle est bouclée : sa première voiture est devenue son plus beau chef-d’œuvre de restauration. 🏆
Dix ans après, restent des questions
Est-ce qu'il a vraiment tout refait lui-même ?
Il a désossé entièrement la voiture, du moteur à la moindre rondelle. Carrosserie, habitacle, tout y est passé.
Pourquoi s'attarder sur des crochets de capot ?
Ces pièces sont devenues rarissimes, quasi introuvables sur le marché. Henri a dû multiplier les recherches et prendre son mal en patience.
Quel souvenir l'a le plus marqué ?
L'odeur du modèle restauré pour son père. Même 40 ans après, elle était exactement la même que dans son enfance.
Où peut-on voir cette Simca 8 ?
Elle sera en tête de la Randonnée tarnaise 2026, place Sainte-Cécile, avec une vingtaine de voitures d'avant-guerre.
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À 34 ans, ancien journaliste spécialisé dans l’automobile, je me suis réorienté en tant que chroniqueur indépendant, partageant analyses et opinions avec passion et rigueur.
5 commentaires
Belle preuve que l’entretien et la restauration sont les vrais gestes écologiques. Réparer plutôt que jeter, un modèle à suivre.
Bonjour Adam, quel travail admirable ! La patience d’Henri force le respect. Une belle leçon de mécanique et de persévérance.
Bonjour Adam, cette patience fait penser à une graine mise en terre : des années de soins et voilà une floraison éclatante. Chapeau Henri !
Le souci du détail est dingue, on croirait voir une voiture de course rétro dans un jeu vidéo. Les chromes méritent un ray tracing !
Quelle patience ! Et quel bel exemple de durabilité : on répare, on transmet, on ne jette pas.