Honda del Sol : histoire, positionnement et ADN du petit targa japonais
Dans la galaxie Honda des années 1990, la del Sol occupe une place à part : une strictement deux places au style de coupé compact, mais capable de se transformer en targa en quelques minutes. Elle s’inscrit dans la continuité spirituelle des CR-X, tout en s’appuyant sur une base technique proche de la Civic de 5e génération. Résultat : une auto à la fois accessible, légère dans l’esprit et franchement joueuse sur route, sans tomber dans l’exubérance d’un roadster pur et dur.
Le contexte de l’époque explique beaucoup de choses. En Europe, la fin progressive des GTI “brutes” et la montée des exigences d’homologation ont laissé un vide émotionnel. Dans le même temps, le succès fulgurant de la Mazda MX-5 a montré qu’il existait une clientèle prête à sacrifier deux places arrière pour retrouver du plaisir au volant. Honda répond avec une proposition différente : au lieu d’un cabriolet classique, la del Sol mise sur un toit targa, une silhouette compacte et un comportement de traction affûté. Une alternative rationnelle… mais jamais ennuyeuse.
Cette identité se lit aussi dans son nom. “del Sol” évoque le soleil, la conduite à ciel ouvert, les week-ends improvisés. Mais derrière l’image carte postale, Honda a surtout cherché à proposer une architecture ingénieuse et une auto facile à vivre au quotidien. Dans les pays où elle a été vendue sous des dénominations ou badges différents (selon les marchés), la philosophie reste la même : une sportive légère, à l’ergonomie de Civic, et à la polyvalence d’un petit coupé.
Pour humaniser le propos, imaginons un fil conducteur simple : Nicolas, 29 ans, vit en périphérie d’une grande ville et veut une youngtimer utilisable. Il hésite entre une MX-5 NA/NB et une del Sol. L’argument qui le fait basculer n’est pas la fiche technique brute, mais l’impression de “mini-coupé” quand le toit est en place, et la sensation de targa quand le soleil sort ☀️. Autrement dit, une voiture qui change de rôle sans changer de personnalité.
Ce positionnement hybride a aussi un effet sur la cote en 2026 : la del Sol n’est plus “juste” une traction sympa, elle est devenue une porte d’entrée dans l’univers Honda old school. Les exemplaires sains, non bricolés, avec historique clair, gagnent une aura particulière. Et c’est précisément là que le guide devient utile : comprendre les versions, le toit, la mécanique, et l’achat, pour éviter la del Sol “fatiguée” qui coûte cher à remettre d’aplomb.
La suite logique consiste à entrer dans ce qui fait sa signature technique : le toit targa et, sur certaines versions, le fameux système électrique qui a marqué son époque.
Honda del Sol : le toit targa et le TransTop, génie pratique et points de vigilance
Le cœur du concept del Sol, c’est ce toit targa : une solution qui apporte l’air libre sans les compromis d’un cabriolet traditionnel. Deux philosophies coexistent selon les versions et marchés : le panneau de toit amovible manuellement, et le toit à cinématique électrique type TransTop (selon appellations), capable de ranger le toit dans la partie haute du coffre avec une chorégraphie mécanique très “années 90” 🤖.
Dans l’usage, le targa manuel est souvent le choix des pragmatiques. Il est plus simple, généralement plus léger, et limite les risques de panne. Le panneau se retire, se manipule sans outil spécifique, puis se stocke de manière prévue par Honda. Ce n’est pas juste “enlever un morceau de toit” : c’est un système pensé pour que la voiture reste cohérente en rigidité et en étanchéité, à condition que les joints soient en bon état.
Le TransTop, lui, est un argument de passionné. Il attire en rassemblement, crée un effet “waouh” à chaque démonstration, et donne une dimension technologique à une auto compacte. Mais cette sophistication a un prix : moteurs, capteurs, câbles, rails, ajustements… tout doit être aligné. Quand c’est entretenu, c’est magique. Quand c’est négligé, cela peut devenir une chasse aux pièces et aux réglages. Et en 2026, certaines références se trouvent encore, mais exigent patience et réseau (spécialistes Honda, forums, import).
Pour Nicolas, le choix dépend d’une question simple : la del Sol doit-elle être une voiture plaisir du dimanche ou un daily occasionnel ? Un TransTop sain peut rester fiable, mais il réclame une approche “collection roulante” : nettoyage des rails, contrôle de tension, graissage adapté, et usage régulier pour éviter que tout se fige. Le targa manuel, lui, pardonne davantage une période d’immobilisation.
- Inspectez la rouille
Regardez sous les bas de caisse, les passages de roues et le coffre. La rouille peut être cachée.
- Testez le toit
Pour le TransTop, vérifiez qu'il s'ouvre et se ferme sans à-coups. Un toit manuel doit avoir des joints en bon état.
- Exigez l'historique
Un carnet d'entretien suivi et des factures sont la clé. Méfiez-vous des voitures trafiquées.
- Prévoyez une marge
Même une bonne affaire peut cacher des frais : embrayage, courroie de distribution, joints de toit.
Honda del Sol : check-list d’étanchéité et de rigidité du targa
Le targa apporte de l’air, mais aussi des points de contrôle spécifiques. Sur route, un exemplaire fatigué se trahit par des bruits d’air à vitesse stabilisée ou des craquements sur chaussée déformée. Rien d’anormal à avoir une sonorité “ancienne”, mais l’excès signale souvent des joints cuits ou un réglage approximatif. Une inspection sérieuse se fait idéalement après un lavage, ou en arrosant la zone de pare-brise et de montants pour vérifier les infiltrations 💧.
Un autre point rarement mentionné : le coffre. Sur TransTop, l’espace et la cinématique imposent des contraintes. Sur une del Sol manuelle, la gestion du toit stocké doit rester propre et sans choc, car un panneau mal posé se marque vite. Dans les deux cas, un coffre qui a vécu (fuite, humidité) peut déclencher une cascade : moquette imbibée, corrosion locale, connecteurs oxydés.
Honda del Sol : l’usage au quotidien, entre coupé et roadster
La del Sol se distingue par sa capacité à “changer d’ambiance” sans se transformer en voiture fragile. Toit en place, l’auto se vit comme un petit coupé : visibilité correcte, gabarit facile, sensation de cocon. Toit retiré, l’air circule, les sons mécaniques ressortent, et la voiture donne cette impression d’être plus rapide qu’elle ne l’est réellement 🎯— un compliment, car cela signifie que le châssis et la position de conduite travaillent pour le plaisir.
Après le toit, vient la question qui passionne le plus : les versions et les moteurs, car c’est là que la del Sol se décline entre balade dynamique et vraie petite sportive.
Pour illustrer concrètement, une démonstration du fonctionnement du toit et des variantes de del Sol est souvent plus parlante en vidéo qu’en discours.
Honda del Sol : versions, finitions et moteurs (USDM, JDM, EDM) pour bien choisir
La del Sol a circulé sous plusieurs configurations selon les marchés : JDM (Japon), EDM (Europe) et USDM (États-Unis). Les noms de finitions et certains équipements changent, mais la logique reste identique : une gamme qui va de la version plaisir accessible à la variante plus pointue, recherchée pour son tempérament et ses montées en régime. L’objectif, en 2026, n’est pas de réciter des codes, mais de comprendre ce que chaque version apporte réellement au volant et à l’entretien.
La version la plus désirée par de nombreux amateurs est celle qui correspond, selon les marchés, à une déclinaison sportive de type SiR (au Japon) ou VTi (en Europe). Elle est associée à un ensemble mécanique plus “radical” : réponse plus vive, caractère plus sportif, et une vraie cohérence avec l’idée de petite Honda qui aime prendre des tours 🔥. Les versions plus sages restent intéressantes : elles sont parfois moins chères, souvent moins malmenées, et peuvent devenir un excellent point de départ pour une restauration propre.
Le piège classique à l’achat tient dans l’écart entre badge et réalité. Une del Sol “look VTi” peut exister avec des éléments esthétiques ajoutés : volant, jantes, logos, voire sièges. Ce n’est pas forcément malhonnête, mais cela impose de vérifier l’auto dans le détail : code moteur, type de boîte, freins, et cohérence globale. Une voiture “mieux équipée” n’est pas automatiquement une sportive d’origine.
Honda del Sol : tableau comparatif pratique des configurations courantes
Le tableau ci-dessous aide à se repérer rapidement. Il ne remplace pas une vérification administrative et mécanique, mais il structure l’analyse avant une visite.
| Élément clé | Version orientée balade 🚗 | Version orientée sport 🏁 | Point de contrôle 🔎 |
|---|---|---|---|
| Marchés fréquents | USDM / EDM | JDM / EDM | Comparer la finition annoncée et l’équipement réel |
| Toit | Targa manuel ☀️ | Manuel ou TransTop 🤖 | Étanchéité, fonctionnement, alignement |
| Caractère moteur | Souple, facile en ville ✅ | Plus rageur, aime les tours 🔥 | Historique d’entretien et cohérence des pièces |
| Usage idéal | Youngtimer cool, trajets mixtes 🙂 | Route sinueuse, conduite dynamique 🎯 | État trains roulants, freins, pneus |
Honda del Sol : exemples concrets de choix selon le profil
Nicolas, qui roule souvent en semaine mais veut une auto plaisir, peut viser une version simple, targa manuel, avec dossier d’entretien solide. Ce type d’exemplaire pardonne mieux les aléas d’usage : stationnement, pluie, petits trajets. À l’inverse, une del Sol sportive, mieux affûtée, se savoure quand on peut lui offrir des sorties régulières et une maintenance préventive, notamment sur les périphériques, les supports et les trains roulants.
Autre scénario : Camille, 36 ans, cherche une Honda “à garder” et fréquente les rassemblements. Elle privilégie une configuration plus rare, quitte à patienter, parce que la valeur émotionnelle et la cohérence d’origine comptent plus que la disponibilité immédiate. Dans cette logique, l’achat devient une chasse qualitative : carrosserie saine, intérieur complet, pièces d’origine présentes.
En clair, la del Sol se choisit comme on compose un bon set-up : usage, budget, et tolérance à la complexité. Et une fois la version ciblée, la question suivante s’impose : comment cette petite targa se comporte-t-elle sur route, et quels points mécaniques font la différence ?
Honda del Sol : comportement routier, châssis Civic et plaisir de conduite au quotidien
La del Sol doit beaucoup à son héritage technique : une base proche d’une Civic de son époque, avec une mise au point qui privilégie la précision. Sur une route secondaire, son format compact et sa direction communicative donnent l’impression d’une auto “posée sur l’avant”, prête à s’inscrire dans le virage. C’est une traction, donc la motricité dépend fortement des pneus, de l’état du train avant et de la façon dont la puissance arrive. Mais quand l’ensemble est sain, la del Sol offre ce plaisir très Honda : une conduite propre, rythmée, où chaque action a une réponse.
Le targa apporte une dimension sensorielle. À vitesse modérée, l’air circule sans devenir assourdissant, et la voiture donne l’impression d’être plus connectée à la route. Sur autoroute, la logique s’inverse : le bruit aérodynamique et la résonance peuvent augmenter, surtout si les joints sont fatigués. C’est là que l’on comprend pourquoi un exemplaire bien ajusté vaut de l’or : la différence entre “sympa” et “fatigant” se joue parfois à quelques millimètres d’alignement.
Honda del Sol : ce qui transforme une bonne auto en excellente auto
Une del Sol moyenne devient excellente quand trois zones sont cohérentes : trains roulants, freinage et géométrie. Beaucoup d’exemplaires ont été modifiés dans les années 2000-2010 avec des ressorts courts ou des combinés bas de gamme. En 2026, une tendance claire revient : remettre de la qualité et de l’équilibre. Des amortisseurs sérieux, des silentblocs en bon état, une géométrie bien réglée… et l’auto retrouve son tempérament d’origine sans devenir tape-cul.
Un exemple parlant : Nicolas essaie deux del Sol similaires sur le papier. La première a des pneus anciens, une direction imprécise et un freinage spongieux. La seconde a quatre pneus récents, des freins purgés, et une géométrie faite. La différence est immédiate : la seconde donne confiance, donc on roule plus vite sans même le vouloir 😅. Ce n’est pas la puissance qui change tout, c’est la qualité du contact au sol.
Honda del Sol : équilibre traction et conduite dynamique
Sur le sec, une del Sol saine se conduit avec finesse : entrée de virage propre, remise de gaz progressive, et exploitation du couple sans “arracher” le volant. Sur le mouillé, elle rappelle qu’une traction légère demande du respect : si l’avant manque d’adhérence, la voiture élargit la trajectoire. Rien de dangereux si la conduite reste coulée, mais cela souligne l’importance de pneus adaptés et d’un train avant sans jeu.
Autre point qui plaît : l’ergonomie. Les commandes restent simples, la visibilité est correcte pour une deux places, et l’auto se gare facilement. Le plaisir n’est pas réservé au col de montagne : une départementale au lever du jour suffit, toit retiré, pour comprendre le charme. Et ce charme devient encore plus fort quand on sait quoi surveiller à l’achat et comment entretenir l’auto sans se ruiner.
Le terrain est donc prêt pour le sujet le plus “concret” : achat, inspection, entretien, et pièges typiques de la del Sol aujourd’hui.
Pour visualiser le comportement routier et l’ambiance de conduite, une vidéo de roulage aide à saisir la philosophie du modèle.
Honda del Sol : acheter en 2026, points à vérifier, entretien et erreurs à éviter
Acheter une del Sol en 2026, ce n’est pas seulement choisir une youngtimer “sympa”. C’est sélectionner un exemplaire qui a traversé plusieurs vies : voiture fun, parfois daily, parfois projet tuning, parfois auto immobilisée. Le bon achat repose sur une méthode simple : vérifier d’abord la structure, ensuite la mécanique, enfin les détails spécifiques (toit, intérieur, électricité). L’ordre compte, car une belle peinture ne compense jamais une caisse malade.
Premier filtre : corrosion et accident. Même si la del Sol n’est pas réputée comme la pire en rouille, l’âge fait son œuvre. Il faut inspecter bas de caisse, passages de roue, points de levage, fond de coffre (encore plus sur TransTop), et zones proches des joints. Une voiture qui a dormi dehors peut aussi avoir pris l’humidité dans l’habitacle, ce qui se détecte par une odeur persistante, des vitres qui buent vite, ou une moquette lourde.
Honda del Sol : liste de contrôle avant achat (simple et efficace)
- 🔧 Toit : ouverture/fermeture fluide, joints souples, absence d’infiltration après arrosage
- 🧰 Trains roulants : pas de claquements, direction précise, usure pneus régulière
- 🛑 Freinage : pédale ferme, pas de vibration au freinage, purge et flexibles à jour
- ⚙️ Moteur : ralenti stable, montée en régime propre, pas de fumée suspecte
- 🧾 Historique : factures, distribution/entretien suivi, cohérence kilométrage-état
- 🔌 Électricité : vitres, éclairage, ventilation, et sur TransTop, cycle complet sans hésitation
- 🪑 Habitacle : sièges non affaissés, plastiques complets, étanchéité confirmée
Deuxième filtre : l’entretien “qui compte vraiment”. Sur ces Honda, une maintenance régulière est souvent plus importante qu’une préparation. Les fluides, les filtres, le refroidissement, les freins et l’allumage doivent être nets. Une del Sol bien suivie démarre au quart de tour et donne une sensation de machine simple et robuste. Une del Sol négligée, elle, peut multiplier les petits soucis : surchauffe, ralenti instable, capteurs capricieux, ou vibrations.
Honda del Sol : cas d’école d’un achat réussi
Nicolas finit par trouver une del Sol targa manuel, peinture moyenne mais dossier complet. Le vendeur a conservé les pièces d’origine, a fait une géométrie récente, et peut démontrer l’étanchéité du toit. L’auto n’est pas parfaite esthétiquement, mais elle roule droit, freine bien, et ne fait pas de bruits parasites. Quelques semaines plus tard, un simple rafraîchissement (pneus, liquide de frein, silentblocs ciblés) transforme l’expérience. Moralité : une base saine vaut mieux qu’un “show car” fatigué ✅.
À l’inverse, l’erreur classique reste la del Sol “coup de cœur” : jantes brillantes, rabaissement extrême, TransTop qui fonctionne “une fois sur deux”, et historique flou. La remise en état coûte vite plus cher que l’écart de prix avec un bel exemplaire. Et le temps passé à chercher des pièces spécifiques peut tuer le plaisir.
Dernier point : l’assurance et l’usage. En 2026, certaines compagnies proposent des contrats adaptés aux youngtimers avec kilométrage annuel limité, ce qui peut rendre le budget plus digeste. Cela pousse à une philosophie cohérente : rouler souvent mais pas forcément beaucoup, et garder la voiture dans un état qui valorise son identité d’origine. La del Sol n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour être attachante ; elle a surtout besoin d’être juste, mécaniquement et dans son esprit. Insight final : une del Sol bien achetée est une petite machine à souvenirs, pas une liste de problèmes.
Ce que vous avez peur de demander
Quelle est la différence entre le toit manuel et le TransTop ?
Le toit manuel se retire à la main, c'est plus simple et fiable. Le TransTop est électrique et range automatiquement le toit dans le coffre, mais il peut tomber en panne.
La del Sol est-elle fiable en 2026 ?
Globalement oui, surtout les motorisations Honda essence. Mais l'électronique du toit et la rouille sur les exemplaires mal entretenus sont les points faibles.
Faut-il préférer une delSol à une Mazda MX-5 ?
Si vous voulez un vrai cabriolet et une tenue de route plus sportive, prenez la MX-5. Si vous cherchez un coupé transformable plus pratique au quotidien, la del Sol est un bon choix.
Quel budget pour une del Sol en bon état ?
Comptez entre 3 000 et 8 000 € selon l'année, la version et l'état. Les VTEC et les exemplaires très propres dépassent les 10 000 €.
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À 34 ans, ancien journaliste spécialisé dans l’automobile, je me suis réorienté en tant que chroniqueur indépendant, partageant analyses et opinions avec passion et rigueur.
3 commentaires
Merci Adam pour cette analyse claire. J’adore le concept du targa, bien plus pratique qu’un cabriolet pur.
Enfin un article qui rend justice à ce petit targa sous-côté. J’adorerais en cuisiner un, façon mijoté au soleil !
Super article ! La del Sol, ce petit targa oublié, mérite vraiment qu’on s’y attarde. Une alternative futée à la MX-5.