La Peugeot 104 ZS Sport n’était pas qu’une simple citadine. Lancée à une époque où les petites françaises apprenaient à mordre dans l’asphalte, elle a marqué toute une génération de conducteurs. Encore aujourd’hui, en 2026, cette compacte légère et nerveuse conserve un statut particulier dans le cœur des amateurs de youngtimers. Mais pourquoi exactement cette version « ZS » continue-t-elle de fasciner ?
Derrière ses lignes ramassées et sa silhouette de coupé trois portes, la 104 ZS cache un tempérament de feu. Une alchimie simple : un moteur volontaire, des masses réduites, et un châssis affûté. Retour sur une auto qui prouvait, avec les moyens du bord, qu’on peut avoir du peps sans rouler en supercar.
La Peugeot 104 ZS : une réponse musclée à la Renault 5
Au début des années 70, la Peugeot 104 débarque sur un marché où la Renault 5 règne en maître. La berline 4 portes, lancée en octobre 1972, se distingue par sa compacité et sa modernité. Mais Peugeot veut frapper plus fort. Dès septembre 1973, un dérivé coupé de 28 centimètres plus court rejoint la gamme. Ce n’est pas un vrai coupé dans l’esprit traditionnel : c’est une citadine trois portes aux allures racées, un concept que l’on appellerait peut-être « coupé urbain » aujourd’hui.
Le vrai tournant survient en 1975. La déclinaison ZS apparaît avec le moteur XW3S, un 1124 cm³ qui développe 66 chevaux. À une époque où la concurrence se contente souvent de 40 ou 50 ch, ces chiffres font mouche. La presse spécialisée salue une petite sportive au comportement sain et au regard acéré. L’appellation « ZS » devient vite synonyme de dynamisme dans la gamme Peugeot.
- 1972
Lancement de la Peugeot 104 berline 4 portes, face à la Renault 5.
- 1973
Arrivée du dérivé coupé 3 portes, 28 cm plus court.
- 1975
La version ZS fait ses débuts avec le moteur XW3S de 66 chevaux.
- 2026
La ZS reste une youngtimer très recherchée par les amateurs.
Du coupé à la ZS : la recette d’une sportive accessible
Pour transformer la 104 Coupé en ZS, les ingénieurs ne se contentent pas de gonfler le moteur. Ils interviennent sur la carburation, l’allumage et la préparation du bloc. Le châssis est revu, avec des suspensions plus fermes et des pneumatiques adaptés. Le résultat ? Une voiture qui bascule du statut de simple citadine à celui de petite bombinette, capable de suivre le rythme sur route sinueuse sans jamais se prendre au sérieux.
Les chiffres de vente de l’époque racontent une vraie histoire : proposée à 20 750 francs en version ZS, contre 18 650 francs pour la ZL plus sage, elle trouve son public chez les jeunes conducteurs en quête de sensations. Une question mérite d’être posée : existe-t-il aujourd’hui une citadine thermique aussi légère et communicative ? Rien n’est moins sûr.
Les secrets d’une citadine au poids plume
Le principal atout de la Peugeot 104 ZS réside dans sa légèreté. Avec un peu moins de 800 kilogrammes sur la balance, elle fait pâlir d’envie les propriétaires de sportives modernes, souvent deux fois plus lourdes. Cette masse contenue lui confère une agilité rare et une sobriété surprenante. C’est simple : chaque cheval est utilisé à bon escient, sans gaspillage.
Cette philosophie de conception a permis des performances honorables pour l’époque, mais surtout un agrément de conduite incomparable. Le conducteur sent chaque sollicitation, chaque variation d’adhérence. Cette transparence fait aujourd’hui défaut sur bien des autos assistées et aseptisées. La 104 ZS rappelle qu’une sportive peut être simple, franche et excitante.
Les caractéristiques qui font la différence
- 🚗 Moteur XW3S : 1124 cm³, 4 cylindres, 66 ch à l’origine, avec une sonorité rauque typique
- ⚖️ Poids plume : moins de 800 kg, un atout majeur pour la vivacité
- 🔧 Préparation ciblée : carburateur adapté, échappement spécifique, suspensions raffermies
- 🏁 Performances : un vrai tempérament de chat sauvage, surtout entre 4 000 et 6 500 tr/min
- 🎯 Positionnement prix : une sportive accessible, à rebours des modèles élitistes
Des performances qui surprennent encore aujourd’hui
Sur une route départementale sinueuse, une 104 ZS bien réglée n’a rien à envier à bien des autos modernes. Grâce à son poids contenu et à ses suspensions courtes, elle attaque les virages avec une détermination déconcertante. Le conducteur doit travailler, rétrograder, anticiper : un vrai plaisir de pilotage, à l’opposé du tout-assisté contemporain.
La direction est précise, le freinage mordant, et le moteur répond présent dès les bas régimes. Cette impression de contrôle total donne une confiance immédiate. C’est une voiture qui pardonne, mais qui récompense aussi les plus ambitieux. Une école de conduite à ciel ouvert, dirait-on volontiers.
La rareté 104 ZS2 : quand Peugeot pousse le curseur à 93 chevaux
L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais Peugeot voit plus grand. En 1978, le carrossier Chapron réalise une version luxueuse du coupé ZS pour Mme Peugeot elle-même. Une anecdote qui montre le prestige discret de ce modèle. Puis en 1979, la marque frappe fort avec la 104 ZS2, une série limitée animée par le nouveau moteur 1360 cm³ porté à 93 chevaux.
Ce bond de puissance transforme radicalement la voiture. La ZS2 abat le 0 à 100 km/h en un temps très correct pour l’époque et se montre nettement plus véloce que la ZS classique. Produite en quantité limitée, elle est aujourd’hui la plus recherchée par les collectionneurs. Posséder une ZS2, c’est détenir un petit morceau d’histoire automobile française, une pièce de chasse particulièrement difficile à dénicher.
La ZS2 et ses 93 chevaux : un vrai bond en avant
Les performances de la ZS2 surprennent, même en 2026. Avec une voiture de moins de 800 kg, 93 chevaux suffisent à procurer des sensations vives. Les relances sont franches, la vitesse de pointe dépasse les 170 km/h, et la boîte manuelle demande une main experte. Chaque passage de rapport est un régal mécanique.
Cette rareté en fait un investissement solide. Les cotes des modèles préservés n’ont cessé de grimper lors des dernières décennies. Et contrairement à une supercar inaccessible, la ZS2 reste une valeur sûre pour les passionnés qui veulent une auto authentique, simple à entretenir et joyeuse à conduire. Le mythe n’est pas prêt de s’éteindre.
La 104 ZS dans la culture populaire et le marché du collectionnable en 2026
La Peugeot 104 ZS appartient à cette génération de voitures qui ont bercé l’enfance de nombreux Français nés dans les années 70 et 80. Elle apparaissait dans les publicités télévisées, dans les cours de récréation en miniature, et dans les rêves de ceux qui espéraient un jour la conduire. Cette dimension affective explique son statut actuel de youngtimer culte.
Les clubs de passionnés et les rassemblements dédiés aux autos françaises vintage lui réservent toujours une place de choix. En 2026, les annonces de vente de 104 ZS en bon état se négocient à des prix bien supérieurs aux valeurs d’époque, surtout pour les versions ZS2 et les exemplaires d’origine. Le réseau de passionnés reste actif, les pièces se trouvent encore, et la communauté se montre soudée, prête à partager conseils et bons plans.
Un youngtimer recherché et pourtant accessible
Contrairement à la 205 GTI, devenue hors de prix, la 104 ZS reste une entrée en matière plus raisonnable pour qui veut goûter au plaisir d’une sportive vintage. Certes, les bons exemplaires demandent un budget, mais il existe encore des autos à restaurer à des prix doux. C’est une chance pour les jeunes passionnés qui ne veulent pas renoncer au charme de l’ancien.
Le secret de cette cote raisonnable ? Une image moins médiatisée, mais une vraie richesse mécanique. La 104 ZS offre un plaisir de conduite immédiat, une fiabilité étonnante pour l’époque, et un look attachant. Ceux qui passent le cap de l’achat ne regrettent jamais. Une question demeure : combien de temps encore ces petites bombes resteront-elles à des prix accessibles ?
Voilà, la Peugeot 104 ZS Sport a tout d’une grande. Légère, nerveuse, pleine de caractère, elle incarne une époque révolue où l’on faisait mieux avec moins. En ce milieu des années 2020, elle mérite une place de choix dans tout garage qui se respecte. Une certitude : conduire une ZS, c’est retrouver le plaisir brut de la route.
Les questions qui dérangent
Est-ce que la 104 ZS est vraiment une sportive ?
Pas une sportive au sens moderne, plutôt une citadine affûtée. Ses 66 ch et son poids plume la rendent très vive, mais elle reste sage au quotidien. C'est son côté accessible qui fait son charme.
Elle consomme combien aujourd'hui ?
Difficile de donner un chiffre précis, chaque exemplaire a sa propre préparation. Comptez autour de 6 à 8 L/100 km en usage cool, mais qui peut rester sage ?
Faut-il un budget énorme pour en acheter une ?
En 2026, les prix montent : comptez 15 000 € et plus pour un bel exemplaire. C'est devenu une collection, mais moins cher qu'une Porsche de la même époque.
Ça vaut le coup par rapport à une Renault 5 Alpine ?
Les deux ont leur caractère. La 104 ZS est plus légère et plus rare, la R5 Alpine a un moteur plus onctueux. Tout dépend de ce que vous cherchez comme sensations.
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À 34 ans, ancien journaliste spécialisé dans l’automobile, je me suis réorienté en tant que chroniqueur indépendant, partageant analyses et opinions avec passion et rigueur.