Le retour en grâce de la Renault 18 : icône injustement oubliée
Quand on soulève le capot d’une berline de la fin des années 70, il y a cette odeur particulière, un mélange d’huile chaude et de velours vieilli qui ne trompe pas. Longtemps restée dans l’ombre de la robuste R12 et de la très populaire R21, la Renault 18 vit aujourd’hui une véritable seconde jeunesse. En cette année 2026, alors que la nostalgie guide bon nombre de nos choix automobiles, redécouvrir celle qui fut pensée comme une véritable voiture mondiale est un exercice fascinant. Elle n’était pas seulement une « super R12 », elle marquait une transition cruciale vers l’aérodynamisme et la modernité. Pour nous, les mains dans le cambouis, c’est une auto française qui raconte une époque où la Régie voulait conquérir la planète, de l’Argentine aux États-Unis.
Ce modèle emblématique a su traverser les décennies, parfois moqué, souvent usé jusqu’à la corde, mais aujourd’hui réhabilité par une communauté grandissante. Il est temps de regarder au-delà de sa ligne sage pour comprendre pourquoi, techniquement et historiquement, la R18 mérite sa place au panthéon des youngtimers.

Genèse d’une ambition mondiale : le projet 134
L’histoire débute bien avant sa sortie officielle en 1978. Dès le début de la décennie précédente, Renault lance le programme 134 avec un cahier des charges complexe : succéder à la R12 sans effrayer une clientèle conservatrice, tout en modernisant l’approche stylistique. Contrairement aux excentricités techniques de Citroën, Renault opte pour des solutions éprouvées. Moteur longitudinal, essieu arrière rigide, traction : la base est saine, facile à réparer et surtout, capable d’encaisser les routes difficiles des marchés émergents.
Le design, supervisé par Gaston Juchet, s’éloigne des angles vifs pour embrasser des courbes plus douces. Ce design Renaud 18 (comme l’écrivent parfois les néophytes sur les forums) offrait une meilleure pénétration dans l’air, préoccupation grandissante après le premier choc pétrolier. C’est cette « rondeur statutaire » qui lui a permis de s’imposer face à une Peugeot 305 plus classique et une Citroën GS vieillissante.
Diversité mécanique et audace sportive 🏁
Ce qui rend la R18 particulièrement intéressante à restaurer aujourd’hui, c’est la variété de ses entrailles. Au lancement, nous avions affaire aux inusables blocs Cléon-Fonte et Cléon-Alu. Mais c’est véritablement en 1980 que la gamme s’électrise. Alors que la performance voiture devenait un argument marketing majeur, Renault a eu l’audace de greffer un turbo sur une berline familiale. Une hérésie pour certains, un coup de génie pour d’autres.
La R18 Turbo, avec ses 110 puis 125 chevaux, n’était pas une sportive radicale comme la R8 Gordini, mais une routière rapide, capable de déposer les bourgeois sur l’autoroute dans un sifflement caractéristique. C’est cette version qui attire aujourd’hui tous les regards lors des rassemblements, avec ses jantes spécifiques et ses stickers latéraux qui hurlent « années 80 ».
Une carrière aux quatre coins du globe
Peu de voitures françaises peuvent se targuer d’avoir eu une carrière aussi internationale. La Renaud 18 (pour reprendre le terme souvent cherché par les amateurs) a posé ses roues sur presque tous les continents. L’Amérique du Sud, et particulièrement l’Argentine, lui a voué un culte absolu, la produisant jusqu’en 1993, bien après son arrêt en France. Là-bas, elle a tout fait : taxi, voiture de police, et même bête de course en compétition.
L’aventure américaine est aussi un chapitre savoureux. Sous le nom de Renault 18i, puis Sportwagon, elle a tenté de séduire l’Oncle Sam avec une injection Bosch et des pare-chocs proéminents. Si le succès fut mitigé aux USA, ces versions « fédérales » sont aujourd’hui des raretés absolues que les collectionneurs s’arrachent pour leur look décalé.
| Pays de production | Période | Spécificité locale 🌍 |
|---|---|---|
| France | 1978 – 1986 | Berceau du modèle, versions Turbo et Break 4×4 |
| Argentine | 1981 – 1993 | Carrière prolongée, moteur 2.0L et compétition |
| Espagne | 1978 – 1986 | Production massive par FASA-Renault |
| Colombie | 1981 – 1987 | Succès populaire majeur à l’usine d’Envigado |
L’héritage et la « Nouvelle Vague » en 2026
En observant le paysage automobile actuel, on constate que la stratégie de Renault n’a pas tant changé. Le plan « Renaulution » et les nouveautés Renaud (ou Renault) de ces dernières années visent, comme à l’époque de la 18, à reconquérir le segment C et à internationaliser la marque avec des technologies de pointe. La Renaud 2025 (pour utiliser le langage des internautes) cherche à recréer ce lien émotionnel fort que la 18 avait su tisser avec les familles.
La technologie automobile a certes évolué vers l’électrique et l’hybride, mais l’esprit de « voiture à vivre » reste le fil conducteur. La R18, avec ses versions break, 4×4 (une innovation majeure réalisée en interne et non plus par Sinpar) et ses séries limitées comme l’American, préfigurait déjà la segmentation moderne du marché. Elle a ouvert la voie à une polyvalence que l’on retrouve dans les crossovers actuels.
Pourquoi s’intéresser à la Renault 18 aujourd’hui ?
Pour l’amateur de mécanique ou le collectionneur débutant, la R18 est une porte d’entrée royale. Elle est moins complexe qu’une Citroën hydraulique et plus confortable que bien des concurrentes de son époque. Voici quelques points forts qui en font un choix judicieux :
- 🛠️ Accessibilité mécanique : Les moteurs Cléon et Douvrin sont robustes et les pièces encore trouvables si l’on cherche bien.
- 🛋️ Confort « à la française » : Les sièges pétales des versions haut de gamme offrent un moelleux que les voitures modernes ont perdu.
- 🚀 Le frisson du Turbo : Posséder une des premières berlines turbocompressées de grande série est un morceau d’histoire.
- 🌲 La rareté du Break 4×4 : Une version qui préfigurait les SUV modernes, idéale pour les sorties en campagne.
- 💰 Cote encore abordable : Contrairement à la R5 Turbo ou l’Alpine, la R18 reste accessible, bien que les beaux exemplaires commencent à grimper.
L’histoire Renaud (et Renault) est cyclique. Après avoir été banalisée, la 18 revient sur le devant de la scène comme témoin d’une époque où l’ingénierie française osait s’exporter sans complexe. Que ce soit pour une restauration complète ou pour rouler différent le week-end, elle a encore beaucoup de kilomètres à offrir.
Quelle est la version la plus recherchée de la Renault 18 ?
Sans conteste, la Renault 18 Turbo (110 ou 125 ch) est le graal des collectionneurs pour ses performances et son look. Cependant, le Break 4×4 est également très prisé pour sa rareté et son originalité technique.
Est-il difficile de trouver des pièces pour une R18 en 2026 ?
Pour la mécanique courante, c’est assez simple car les moteurs ont été utilisés sur de nombreux modèles. En revanche, les pièces de carrosserie spécifiques, les optiques et certains éléments de l’accastillage intérieur (plastiques, sellerie) deviennent compliqués à dénicher.
La Renault 18 a-t-elle été vendue aux États-Unis ?
Oui, sous le nom de Renault 18i puis Sportwagon. Elle était équipée de pare-chocs plus gros pour respecter les normes US et de l’injection. Elle a connu une carrière en demi-teinte avant d’être remplacée par la Medallion (R21).
Combien de Renault 18 ont été produites au total ?
Si l’on compte la production française et les assemblages internationaux (Espagne, Argentine, etc.), on estime le chiffre total autour de 2,5 millions d’exemplaires, un véritable succès industriel pour la marque.
Théo adore expliquer simplement des choses compliquées. Quand il ne retape pas une Golf GTI, il écrit pour transmettre ses astuces avec clarté. Il aime faire comprendre le « pourquoi du comment », sans jargon, avec passion et précision.

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