Restauration
Découvrez l’histoire fascinante des camions Citroën anciens et leurs modèles emblématiques
L’épopée industrielle des utilitaires aux chevrons : plus d’un siècle d’innovation
Lorsque l’on évoque le patrimoine automobile français, il est impossible de passer sous silence l’immense contribution de la marque aux chevrons. Depuis plus de cent ans, l’ingéniosité du constructeur ne s’est pas limitée aux berlines confortables ; elle a littéralement façonné le paysage du transport professionnel. Les camions Citroën et les fourgonnettes légères racontent une histoire de labeur, de proximité et de progrès technique. En 2026, l’engouement pour ces travailleurs de l’ombre ne faiblit pas, bien au contraire. La nostalgie se mêle à l’admiration pour une mécanique robuste qui a traversé les décennies.
Au début du XXe siècle, l’ambition d’André Citroën était de proposer des solutions pour tous les métiers. Cela a commencé dès les années 1920 avec le C4 Fourgon. Ce pionnier, avec sa carrosserie tout acier et son radiateur de 9 litres, offrait déjà une polyvalence rare pour l’époque. Décliné en 17 versions, il permettait une charge utile de 1 200 kg, une prouesse qui a séduit nombre d’artisans. En parallèle, l’aventure des autochenilles, notamment le Type P17, démontrait la capacité de la marque à conquérir des terrains hostiles, marquant les esprits par des expéditions exotiques qui font encore rêver les amateurs d’histoire automobile aujourd’hui.

Le TUB : Une révolution technique éclipsée par l’Histoire
Souvent confondu avec son successeur, le Citroën TUB (Traction Utilitaire Basse) mérite une place d’honneur au panthéon des véhicules anciens. Lancé en 1939, ce modèle était en avance sur son temps de plusieurs décennies. Il a introduit des concepts qui nous semblent aujourd’hui évidents : la traction avant sur un utilitaire, un plancher de chargement ultra-bas et, surtout, la porte latérale coulissante. Ces innovations visaient à faciliter le travail des livreurs en leur permettant de se tenir debout dans la cabine.
Malheureusement, le destin du TUB fut contrarié par le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Entre les pénuries de matériaux, les réquisitions et les priorités militaires, sa production fut confidentielle, ne dépassant pas les 1 800 exemplaires. Sa carrosserie simple, faite de panneaux de tôle plate et de rideaux en toile à l’arrière, témoignait d’une recherche d’économie dictée par les circonstances. C’est cette rareté qui en fait aujourd’hui une pièce maîtresse pour toute collection camions ou utilitaires, bien plus difficile à dénicher que son descendant.
Type H : L’icône indétrônable des campagnes et des villes
Si le TUB a posé les bases théoriques, c’est le Type H qui a transformé l’essai pour devenir une légende vivante. Apparu en 1948, il reprend l’architecture de son prédécesseur mais adopte une robe en tôle ondulée, non par esthétisme, mais pour rigidifier la structure à moindre coût. Sa silhouette cubique et son « nez de cochon » font partie de la mémoire collective. Robuste, modulable et infatigable, il a servi de panier à salade pour la police, d’ambulance, de magasin ambulant et de bétaillère.
La confusion entre le TUB et le Type H est fréquente, entretenue par la phonétique et l’allure générale. Pourtant, leurs fiches techniques et leurs destins commerciaux sont bien distincts. Pour les passionnés qui se lancent dans la restauration véhicules, comprendre ces nuances est essentiel. Il n’est pas rare de voir des projets de remise en état s’étaler sur plusieurs années, nécessitant parfois l’aide de réseaux spécialisés comme ceux regroupés au sein d’un club de voitures anciennes et youngtimers pour trouver les pièces manquantes.
Voici un comparatif pour distinguer ces deux géants de l’utilitaire :
| Caractéristique 🛠️ | Citroën TUB (1939-1941) | Citroën Type H (1948-1981) |
|---|---|---|
| Production | Confidentielle (~1 748 ex.) 📉 | Massive (473 289 ex.) 📈 |
| Carrosserie | Tôle plate, rideaux toile arrière | Tôle ondulée intégrale |
| Motorisation | 4 cylindres Traction (7/11 CV) | Essence puis Diesel (Indenor) |
| Usage principal | Livraison urbaine, Ambulance | Tous usages (Food truck, Police, Agricole) 🚐 |
| Rareté en 2026 | Extrêmement rare (pièce de musée) 🏛️ | Courant en collection et événementiel |
Les poids lourds et l’ère du Belphégor
Au-delà des fourgonnettes, Citroën a également marqué le secteur du transport lourd. Le Type 23, par exemple, a joui d’une carrière exceptionnelle de 34 ans. Avec sa charge utile de 1 500 kg et ses versions autocar, il a transporté la France de l’après-guerre. Mais c’est dans les années 60 que le design prend un tournant audacieux avec les séries 350-850, surnommées « Belphégor ».
Ces camions, fabriqués à Aubervilliers, se distinguaient par une cabine avancée au look singulier, dotée de hublots au-dessus des phares pour faciliter les manœuvres urbaines. Ce design ingénieux, bien que clivant, témoigne de la recherche ergonomique constante de la marque. Ces modèles sont aujourd’hui très prisés lors d’une exposition véhicules anciens, rappelant une époque où les camions avaient une véritable identité visuelle. Certains de ces véhicules ont eu des carrières prolongées dans les services d’incendie, une histoire que l’on peut approfondir en explorant les réserves cachées des musées de pompiers, où dorment parfois ces mastodontes rouges.
Des Youngtimers aux classiques modernes
L’héritage s’est perpétué avec des modèles plus récents qui entrent désormais dans la catégorie « Youngtimers ». L’Acadiane, avec sa ligne de toit surélevée et son aérodynamisme amélioré par rapport à la 2CV fourgonnette, a marqué les années 80. Puis vint le C15, véritable bête de somme increvable. Produit à plus d’un million d’exemplaires, il est devenu culte pour sa fiabilité légendaire. De nombreux artisans refusent encore de s’en séparer, prouvant que la conception rustique a du bon.
Entretenir ces véhicules demande de la passion et un certain savoir-faire. Que ce soit pour un C15 ou un Berlingo de première génération (le père des ludospaces), le maintien en état d’origine est crucial pour préserver la valeur de ce patrimoine automobile. Les propriétaires aiment souvent afficher leur appartenance à cette communauté, parfois discrètement, en apposant un sticker distinctif sur le pare-brise, signe de ralliement des initiés lors des rassemblements.
Pourquoi les utilitaires Citroën continuent-ils de fasciner autant ? Voici quelques éléments de réponse :
- 🧬 Une identité forte : Chaque modèle, du Type H au C15, possède une « gueule » reconnaissable entre mille.
- 🔧 Une conception ingénieuse : Traction avant, plancher plat, suspension confortable ; la technique au service de l’humain.
- 🥖 Un symbole culturel : Ils sont indissociables de l’image de la France, des marchés de village aux films cultes.
- ♻️ Une durabilité exemplaire : Conçus pour durer, ces véhicules se réparent et se restaurent, s’inscrivant dans une démarche durable.
- ❤️ Le capital sympathie : Conduire un Citroën vintage suscite immanquablement des sourires et des échanges.
Ces modèles emblématiques ne sont pas de simples objets de métal ; ils sont les témoins d’une histoire sociale et industrielle. Du rare TUB au populaire Berlingo, Citroën a su accompagner les professionnels avec des outils qui sont devenus, avec le temps, des compagnons de route inoubliables. Aujourd’hui, les voir rouler est un rappel que l’innovation technique, lorsqu’elle est bien pensée, devient intemporelle.
Quelle est la différence entre le TUB et le Type H ?
Le TUB (1939) est le précurseur avec une carrosserie en tôle plate et une production très limitée à cause de la guerre. Le Type H (1948) est son successeur direct, produit en grande série, reconnaissable à sa tôle ondulée et sa robustesse légendaire.
Pourquoi appelle-t-on souvent le Type H « le Tube » ?
C’est une confusion fréquente due à la phonétique du nom de son prédécesseur (TUB) et à la forme tubulaire et massive du Type H. Ce surnom est entré dans le langage courant bien que le TUB et le Type H soient deux véhicules distincts.
Les camions Citroën Belphégor sont-ils rares ?
Oui, les camions des séries 350-850 dits « Belphégor » deviennent rares. Leur design atypique et leur usage intensif en tant que poids lourds font qu’il en reste peu en bon état, ce qui en fait des pièces de collection recherchées.
Peut-on encore trouver des pièces pour restaurer un C15 ?
Absolument. Le Citroën C15 a été produit en très grand nombre (plus d’un million d’exemplaires) sur une longue période. La disponibilité des pièces mécaniques est excellente, ce qui en fait un youngtimer idéal pour débuter dans la collection.
Journaliste automobile depuis 20 ans, ancien chroniqueur pour Auto-Rétro, passionné de mécanique et de storytelling.
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